Miss P.Body

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Il est venu dormir à la maison. J’ai mis un premier drap blanc sur la méridienne rouge, posé un oreiller, il s’est allongé, j’ai étendue un drap sur lui, l’ai embrassé, lui ai souhaité bonne nuit, il m’a demandé de me tourner, il voulait voir mes fesses, les a caressées, les a embrassées, a laissé une main sur l’une, puis l’a retiré, je me suis retourné, il dormait, je suis allé à ma chambre.
J’ai mis fin à notre relation deux fois, et deux fois nous nous sommes retrouvé. Parce que mon envie de son corps est trop forte, parce que j’aime à le savoir là, pas très loin de moi, parce que nous n’avons pas brûlé la dernière braise, la dernière baise je ne m’y résous pas.
Le matin de notre première rupture j ai vu ce garçon grand noir baraqué courir un bouquet à la main vers une voiture arrêtée à un feu rouge, à l’intérieur se trouvait une femme cheveux bouclés teint mat certainement d’origine maghrébine. Le parallèle entre M. et moi me frappa immédiatement. Je voulais être cette femme, celle pour qui on court un bouquet de fleurs à la main, un sourire aux lèvres. Je ne voulais pas être celle qui est là, à défaut de mieux. Alors le soir même je lui ai demandé de venir, j’ai même exigé qu’il vienne car je voulais rompre là maintenant, il fallait que j’en finisse immédiatement. Je lui ai dit que je mettais fin à notre relation pour tellement de raison mais la première est que je ne souhaite plus être la deuxième, l’option, celle en attente, il m’a dit qu’il comprenait s’en est allé.
Le matin de la seconde rupture, garée devant la porte de mon immeuble une voiture, derrière le volant se trouvait une femme blonde la cinquantaine criant « ta gueule, ta gueule, ta gueule… » au passager avant, un homme blanc à peine plus âgé qu’elle. Et je ne voulais pas ressembler à cela. Une femme en pleine crise, hurlant parce que cela faisait certainement des années qu’elle n’était pas écoutée, considérée par son amant, car ils ne pouvaient qu’être amants pour se rencontrer et discuter dans une voiture garée dans une petite rue à l’écart. Cette femme c’était moi, criant hurlant que je voulais ma place, être entendue, être vue. Cette fois-ci je lui ai téléphoné, sans trouver les mots, la colère était trop importante, j’ai enchaîné les onomatopées «hum… oui… ouai… non… hum… mouai etc.», lui ai raccroché au nez.

Silence.

Un silence de quelques jours puis un Snap, une photo de lui l’air fatigué, ravagé, un truc pour me faire de la peine certainement afin que je lui réponde sûrement, et je lui ai répondu. Il s’agit d’un jeux de dupe entre nous, je fais comme si je ne le voyais pas venir et lui feint de me trouver là. Nous savons d’avance que nous perdrons. Il devra se résoudre à ne plus pourvoir vivre ses fantasmes, ses envies et devra se contenter lorsque notre histoire sera finie d’un missionnaire, les soirs de grandes folies une levrette claqué avec une fille ordinaire, dans le sens commune, que l’on croise à H&M ou Zara, châtain 1m65 taille 38/40, le matin au réveil lui demandera «Tu veux manger quoi ce soir chéri? » après avoir posé un pied hors du lit puis ira scruter sa cellulite devant le miroir de la salle de bain. Nous ne sommes pas fait pour vivre une histoire autre que nos escapades sexuelles. Je prends beaucoup trop de place, physiquement et mentalement, je veux tout et cela ne va pas avec la demi mesure, le « je ne sais pas » , le « peut être ». Il sera toujours là près de moi mais un jour je serai lassée et ce jour je le sens poindre à grand pas.

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