bis repetita placent

sleeping cupid

Et depuis je reste polie, légère, juste quelques mots, je me retiens, je garde pour moi ce trop plein, je le contrains, je m’empêche de lui dire « tu me manques déjà, cette année sans toi, sans nous, ça a été dure j’ai cru me dessécher, il y en a eu un autre mais ce n’était pas toi, celui là même dont tu me demandais de me méfier, à raison si tu veux tout savoir, ne plus te sentir pas loin de moi, ne plus pouvoir t’écrire des choses importantes ou anodines m’a été difficile, j’ai manqué de souffle souvent. Puis j’ai perdu ma foi en moi je n’avais plus personne à éblouir, personne à qui montrer. »
On dit souvent aimes toi, fais les choses pour toi, la solution est en toi, mais tu sais la plus belle des musiques si elle n’est écoutée par personne, elle n’existe pas, le plus beau des dessin si personnes ne le regarde il n’est rien. N’être vue par personne, n’être reconnue par quiconque c’est ne pas exister. Ce sentiment d’être transparente, je l’ai déjà eu dans ma vie durant un été lorsque je faisais le ménage des chambres d’hôtel, j’étais là sans être là, on me disait rarement bonjour, j’avais fini par regarder mes pieds face aux clients pour ne plus croiser leur non regard, cela entretenait le flou peut être regardaient ils, ne pas savoir me laissait l’espoir d’être quelqu’un. Vingt ans plus tard j’ai conservé le même fonctionnement, E. et moi avons entretenue cette relation sur les réseaux sociaux, alors lorsqu’il devenait évident que notre histoire était devenue « trop » pour nous, il mettait du temps à répondre à mes messages ou ne répondait plus, la frustration s’accumulait de mon côté, j’ai décidé de ne plus le voir apparaître sur FB, de regarder mes pieds à nouveau pour ne pas savoir, ne plus y penser, ne plus le voir dans mes notifications, que FB ne me le propose plus dans la barre latéral droite de ma fenêtre, ne plus savoir s’il était connecté ou pas, restreindre son accès à mon compte, je ne faisais plus partie de sa vie, il ne faisait plus partie de la mienne. J’avais coupé court avant, rejeter pour ne pas l’être. Des mois comme cela j’étais en voie de guérison, je n’y pensais plus tout en sachant qu’il me manquait quelque chose, je n’écrivais plus, je ne dessinais plus, je n’avais plus envie de rien, je mettais cela sur le compte de ma vie, mon boulot, ma fille, la vérité est que j’étais éteinte, en veille, ma lumière intérieure était toute petite. Son absence, le fait de n’avoir personne de proche qui portait de l’intérêt à ce que je créais et bien d’autre chose qui on fait que j’étais en suspens.
Puis le 31 décembre, comment oublier cette date, il est apparu sur mon compte Twitter, j’ai répondu un truc du genre «Hey bonjour» il fallait être polie, ma première réaction c’est toujours sourire dans toute les situations, c’est un réflexe, mon éducation et ma timidité me font souvent sourire poliment, l’automatisme passé je me suis effondrée sur mon canapé j’ai pleuré, tous les sanglots contenus depuis des mois pour toute les tristesses, les injustices, les colères, voilà maintenant c’était la colère qui arrivait mais bordel de merde pourquoi là maintenant comme ça, mais qu’il me foute la paix, je ne pensais plus à lui, j’étais guéri, j’allais bien pourquoi réapparaître comme ça, remuer cette merde, il s’emmerdait cette veille de nouvel an et avait décidé d’écumer son répertoire? J’ai fini par lui envoyer un message sur messenger un truc terrible, d’une colère non contenue je ne me souviens plus des mots et je n’irais même pas les relire, j’aurais trop honte de moi-même il a répondu tout de suite, lui qui ne répondait plus, j’ai ignoré sa réponse, mis notre conversation dans les archives parce que merde et remerde, il n’avait qu’à aller se faire foutre. Il a sûrement dû répondre un truc avec son flegme habituel ou me dire que je faisais ma bonne femme, je ne voulais pas savoir. Le sentiment de honte de ne pas avoir maîtrisé ma colère, d’avoir perdu mon assurance , je crois que je vais devoir m’y faire avec E. je n’arrive pas à faire semblant dans le bien comme dans le moins bien, il fait partie des rares personnes qui me rendent vulnérable, moi le crabe armé de ma carapace. Ce jour là je l’ai détesté, les jours d’après j’étais en colère, puis je me suis apaisée.
Le jour où j’ai aménagé dans mon nouvel appartement, j’ai eu une pensée douce amère pour lui, lorsque j’avais eu les clefs de mon précédent appartement il avait été un des premiers au courant, il faisait partie de ma vie et un an après il était devenu un presque un inconnu, comment passe t on d’une situation amoureuse à une autre en si peu de temps ? Je lui envoyais un message pour lui dire ce sentiment d’amertume et de douceur. Il m’a répondu. Je me sentais en paix, j’avais réussi à communiquer avec lui sans y mettre trop d’affect, je grandissais ? Pfff je me mentais oui, je pensais avoir pris de la distance mais j’ai découvert que non il y a quelques semaines.
Je lui envoyais un message pour lui souhaiter un bon séjour dans la ville où nous nous sommes rencontrés, il y allait pour son travail, je le savais car il y était chaque année à la même période. Un merci enthousiaste comme réponse, il me disait qu’il était dans le train en direction de cette ville, me demandait si j’y serais aussi, non je n’y serais pas, cette ville où j’ai longtemps habité je l’évite désormais, elle me fait trop de peine alors qu’elle est si belle et lumineuse. « jamais dans la même ville au même moment, as usual.» Il m’a répondu qu’il serait à Marseille pour deux heures et qu’il souhaitait me voir. Et là tout a été oublié, je n’ai pensé à plus rien d’autre que le voir encore. « je serais à le Gare, je t’attendrai. » il n’a pas eu besoin de me convaincre, je n’ai pas fait semblant de me faire prier, ni désirer. Il voulait me voir et moi aussi. Nous nous sommes retrouvés sur le quai de la Gare, je ne savais pas si je devais lui faire la bise, lui serrer la main ? Non ça jamais, mais cela faisait tellement longtemps, son visage s’est approché du mien il a posé son regard, celui qui voit à travers moi, sur mes lèvres, nous nous sommes embrassés. Cela a suffit pour me dire que j’avais encore envie de lui, qu’il était toujours désirable même si je n’en doutais pas vraiment mais les corps quelquefois ne se reconnaissent plus.
Nous revoir a été comme m’ouvrir à nouveau, je retrouve peu à peu celle qui se cache bien au fond, lorsqu’il me baise, il baise mon âme, je m’ouvre complètement et me révèle à moi même, lorsque il me pilonne, c’est pour extraire mon jus, mon essence, je suis moi dans ses bras. Ça serait lui faire porter de bien lourdes responsabilités que lui dire tout cela je crois, ça serait l’encombrer de quelques choses dont il ne serait pas quoi faire, ça serait trop! Il accueillerait cela certainement avec son flegme habituel, celui là même qui m’avait excédé il y a un an une sorte de c’est toi, ça t’appartient, il m’avait écris « check yourself » j’ai pensé à ces mots longtemps, ils m’ont blessés, ils m’ont énervés, ils m’ont fait rire, ils sont désormais mien à mon sujet et ceux des autres. S’apprivoiser à nouveau, c’est identique mais différent comme lorsque tu as voulu me pénétrer le cul, cette pratique qui était presque devenu indispensable lors de nos derniers ébats, cette fois ci je ne m’y attendais pas, cela faisait tellement longtemps, tu as enfoncé ta queue, mon trou du cul si serré qui avait oublié la largeur de ton membre a été surpris, il ne savait plus comment le faire rentrer, j’ai repris mon souffle j’allais prendre les commandes pour te donner le bon angle celui qui te permettrait de t’enfoncer en moi facilement avec plaisir mais tu as été plus rapide que moi, tu as ris m’a retourné « ok, » allongée sur le dos complètement nue je me suis sentie vulnérable tout d’un coup, avec mon précédent amant je prenais les commandes j’avais le dessus, c’était un peu confus peut être as tu ressenti cela, car tes mots « you’re beautiful » m’ont apaisés, m’ont permis de me rappeler que c’était toi, que je pouvais m’abandonner, poser un peu les armes pas trop loin au pied du lit et jouir de ce moment.

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